Grossesse

La grossesse est un état naturel non pathologique en soi, mais comme chacun sait, elle entraîne des changements morphologiques importants. L’ostéopathie permet de préparer, d’accompagner et de rétablir toutes les modifications physiologiques et biomécaniques que le corps de la femme va subir pendant cette période.

Avant la grossesse...


Le système gynécologique (viscéral) est anatomiquement situé dans le bassin (système articulaire). Afin de garantir un état fonctionnel physiologique, donc fertile, il est indispensable de s’assurer de la bonne mobilité viscérale et articulaire de l’ensemble.
Les cycles menstruels sont régulés par le système hormonal sur lequel l’ostéopathie n’a pas d’action directe, mais la bonne mobilité de l’ensemble du système va garantir les fonctions organiques (ovariennes, utérines, et vaginales…).
En effet, les cycles menstruels naturels d’un système sain (exempt de maladies dégénératives, génétiques, infectieuses, ou organiques) ne doivent pas entraîner de douleurs chroniques (dysménorrhée ou douleurs pendant les règles, syndrome prémenstruel ou douleurs avant les règles, syndrome inter-menstruel ou douleur à l’ovulation, dyspareunie ou douleur aux rapports) qui pourraient se révéler être une pathologie fonctionnelle réversible.
De même, en cas de difficultés de conception, d'infertilité fonctionnelle ou idiopathique (dont on ne connait pas l'origine), ou de cycles menstruels anarchiques, l'ostéopathie peut être une solution à envisager.
Ainsi, certains symptômes doivent vous amener à consulter avant d’envisager une grossesse afin que celle-ci se déroule dans les meilleures conditions. 
 

Pendant la grossesse...

Lors de sa grossesse, la femme enceinte va subir des modifications physiologiques et mécaniques importantes.
L'utérus grossit, les muscles abdominaux se détendent, le poids augmente ce qui va entraîner :

  • Une augmentation de la lordose lombaire qui s’accompagne d’une bascule du bassin (antéversion) et d’une bascule de la charnière dorso-lombaire, et une modification de la statique (changement de la répartition des charges sur le squelette), ce qui peut provoquer : douleurs intercostales, lombalgies, sciatalgies, cruralgies…
  • Un refoulage de la masse intestinale, pouvant entraîner des troubles digestifs : constipations, douleurs abdominales, reflux gastro-œsophagien, difficultés digestives diverses...
  • Un étirement des structures ligamentaires et musculaires soutenant le système gynécologique permettant la bascule utérine. Une rigidité trop importante de ces structures pourrait provoquer des tensions invalidantes du bas ventre, une réduction du périmètre de marche, des contractions précoces…

 

Ces modifications de la statique générale et pelvienne nécessitent parfois l’intervention de l’ostéopathe pour éviter les troubles fonctionnels suscités ou l’augmentation de l’intensité des instabilités déjà présentes avant la grossesse.
En outre, il est aussi important de préparer le bassin maternel à l'accouchement, afin qu'il y ait une bonne mobilité de tous les tissus pour favoriser le passage du bébé.  

 

Après l'accouchement...

L’ostéopathe s’intéresse au post-partum car l’accouchement peut amener un certain nombre de troubles fonctionnels pouvant entraîner des répercutions sur le système locomoteur et gynécologique :


La péridurale peut laisser un tissu cicatriciel sur les méninges et déclencher des douleurs lombaires au niveau du ou des points de fixation.
Les cicatrices de césarienne, d’épisiotomie et les déchirures du plancher pelvien peuvent mettre à mal la mobilité naturelle des structures osseuses et des viscères environnants.
Un accouchement trop rapide (moins de 3 heures), ou trop long (plus de 12 heures), peut avoir des conséquences considérables sur les tissus pelviens (ligaments, tendons, muscles, système articulaire pelvien).
L’équilibre dynamique postural acquit pendant les 9 mois de gestation doit se modifier très rapidement. En effet 10kg ou plus disparaissent quasiment lors de l’accouchement, le squelette et les muscles posturaux peuvent peiner à retrouver le juste équilibre.
 
Ainsi, en post-partum un traitement ostéopathique doit être envisagé en cas de :

  • Péridurale.
  • Episiotomie ou déchirure du plancher pelvien.
  • Appui violent de l’obstétricien sur le ventre de la maman afin d’aider à l’expulsion.
  •  Fuites urinaires.
  • Césarienne.
  • Accouchement long et difficile.
  • Douleurs vertébrales, maux de tête…
  • Avant la rééducation du plancher pelvien.
  • Douleur de coccyx ou pendant les rapports.
  • « Baby blues » prolongé…

 

Mieux vaut faire cette consultation avant la rééducation périnéale ou abdominale, afin que votre kinésithérapeute fasse travailler vos muscles sur un bassin et des lombaires équilibrés.

Nombre de séances :
Le nombre de séances à faire chez votre ostéopathe lors de la grossesse est assez variable puisque chaque grossesse est unique. Cependant on note 3 phases importantes : La bascule utérine au 3ème mois, la modification de la statique au 6ème mois permettant le renversement du bébé au 7ème, la préparation à l’ouverture du bassin en fin de grossesse.

Nota Bene :
Un traitement ostéopathique de la femme enceinte avec des techniques douces n’est pas dangereux pour le bébé ni pour la maman. Néanmoins certaines contre-indications au traitement ostéopathique existent :
- avant la 12e semaine d'aménorrhée, sauf si douleur invalidante
- à partir du 9e mois de grossesse, sauf si douleur invalidante
- en cas de MAP (Menace d'Accouchement Prématuré), de col raccourci, de grande fréquence de contractions (plus de 10 par jour)
- en cas de grossesse gémellaire mono choriale, mono amniotique
- en cas de saignements, de décollement du placenta, de placenta prævia.